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La liberté d'écrire ...
By emma Posted in Blabla, Perso on 28 janvier 2020 0 Comments 4 min read
La vérité, rien que la vérité Previous Générations Anti-Macron Next

J’ai « commencé » le journalisme quand j’avais environ 12 ans. C’était après la révolution. Vers 14 ans j’ai créé une petite rédaction dans ma classe et on a créé le premier « magazine » mensuel dans mon collège. Premier du genre. C’était un truc de gosse, avec des textes, des BD… j’adorais à l’époque Gai Luron et Pif & Hercule version Vaillant. J’avais une collection qui datait, mais que je copias au copieur (pirate des BD). C’était une sacré expérience de gestion de mini rédaction. On avait un sentiment d’invincibilité après cette révolution. Une sorte de liberté totale de création, d’expression. Plus personne ne pouvait nous interdire quoi que ce soit. C’était notre période d’interdit d’interdire… Ensuite au lycée, j’ai renouvelé l’expérience avec un magazine qui s’appelait « Objectif ». J’avais la volonté de créer du vrai contenu journalistique. C’est là que j’ai appris les bases du journalisme. J’habitais pas trop loin de la capitale et j’adorais faire des escapades en train, visiter les grandes rédactions de l’époque. « La liberté’, « l’Événement de la journée »… des journaux de grand tirage et révolutionnaires. A l’époque en tout cas… jusqu’à ce que ces journaux soient rachetés par des multimillionnaires et comme en France, sont devenus du papier pour nettoyer les vitres.
C’est aussi à cette époque que j’ai compris qu’être une journaliste avec colonne vertébrale, que dire la vérité, peut coûter cher. Enfin… c’est ainsi que je l’ai ressenti en tout cas.

Nous avions des colloques régionaux dans notre lycée et il se trouve que nous avions une prof d’histoire qui n’avait pas vraiment appris le roumain correctement. Elle était pas vraiment bien vue car, vous allez rire, mais à l’époque de la dictature, il suffisait d’avoir été gardien de prison politique pour pouvoir prétendre à un poste de prof d’histoire. Et c’était son cas et fatalement, personne l’aimait. Mais pas que pour ça, mais bien parce-qu’elle ne parlait pas correctement le roumain. Du coup elle a représenté notre lycée pendant un colloque régional, que ma sœur et moi (journaliste en herbe aussi) nous avons « couvert ». Évidemment elle a fait des fautes de langue et a choqué toute la salle qui se mettait a rire a chaque mot dit de travers. Bon, aujourd’hui j’écrirai plus vraiment comme ça, mais à l’époque on était intraitable. On a évidemment écrit qu’elle était analphabète et qu’elle avait foutu la honte à tout le lycée. Et évidemment que notre petit magazine s’est vendu en quelque heures. Et évidemment qu’elle l’a appris et que moi et ma sœur nous avons été convoquées devant le directeur. Après un conseil d’école, le vote est tombé : exclusion de l’école pour 3 jours et 9 sur 10 en comportement (oui on avait une note en « comportement », une sorte de « casier » au lycée qui devait être « vide » si on voulait suivre une école supérieure de l’armée ou de la police en fin de lycée… Évidemment je m’en foutais de suivre une telle école, mais je trouvais que nous punir pour un article était une horreur digne des temps passés).
C’était la première fois que je comprenais que la « démocratie » était toujours basée sur la punition, même 4 ans après la révolution… et que dire la vérité, se paye durement…

Aujourd’hui c’est pareil. Chaque fois que j’écris sur un sujet sensible, j’ai de suite devant moi une masse de harceleurs et désormais de « journalistes » qui sont prêts à vendre leur âme pour avoir les faveurs de la police et de la préfecture et pour descendre notre travail. Les « sanctions » sont pas les mêmes, mais on doit les combattre avec la même intensité…

PS: pour finir, la prof d’histoire en question…. c’était aussi ma prof d’histoire pendant 4 ans. Autant vous dire que j’ai jamais réussi à dépasser la moyenne jusqu’au dernier jour de lycée, alors que j’adorais l’histoire 😁


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