close
Reportage vidéo: Manif contre Trump à Paris
Reportages Vidéo

Reportage vidéo: Manif contre Trump à Paris

Pour ce reportage j’ai pris la décision d’aller à Paris car il me semblait important de voir comment les associations allaient réagir à la venue de Trump.

En plus de ça j’avais lu une information comme quoi des black blocs allaient s’organiser pour faire une démonstration de force. Cependant j’ai aussi lu l’information contraire. Il s’avère que c’était une ruse pour mobiliser beaucoup de CRS pour rien .

Et c’est exactement ce qui s’est passé.

Je suis arrivée assez tôt le matin car je sais que pour éviter des nombreux barrages de police il faut arriver à peine plus tôt. Ce n’est plus une règle, de toute évidence, car à la dernière manifestation des Gilets Jaunes à Paris je suis arrivée à 7h du matin et il y avait déjà des barrages de police partout. Je vais raconter cette histoire dans un autre billet mais c’est tout aussi intéressant.

Alors pour cette manifestation j’avais préparé comme d’habitude mes protections : casque marqué TV , lunettes de piscine et masque à gaz. En plus de ça j’avais un sac à dos qui était assez lourd. J’ai fait la connerie de descendre du bus qui m’amenait place de la République un peu trop tôt. Du coup je me suis retrouvée à pied à traverser Paris par un temps pluvieux.

Paris ressemblait à une ville morte. Sur ma route j’ai remarqué qu’il y avait une zone autour de la Seine qui était bloquée. Par curiosité,  je me suis approchée. A cette morosité ambiante allait s’ajouter un drame.  Une personne SDF avait décidé de finir ses jours  à ce moment précis. Des gendarmes plongeurs étaient en train de récupérer son corps de l’eau. Comme j’avais sur moi l’appareil photo, un policier s’est dirigé vers moi en vitesse pour me demander de ne pas prendre de photos. De toute évidence il n’était pas au courant que j’avais encore de l’humanité en moi.

Après cette scène assez horrible je me suis dirigée vers la place de la République en passant à côté de Notre-Dame. Ca reste toujours difficile de passer à autre chose. Je suis en tant que journaliste les personnes à la rue, du coup je suis vraiment touchée par leur situation. Chose terrible, quand une personne décide de finir sa vie ainsi, c’est que le fait de vivre est plus douloureux que de mourir. Ça dit tout …

J’ai suis arrivée Place de la République vers 10h. Et de toute évidence, je suis arrivée vraiment trop tôt. Du coup je me suis installée à un resto en face de la place, avec tout mon attirail : sac à dos, casque, caméra , micro, etc . J’ai commandé un café en me disant que j’allais boire pas mal de cafés jusqu’à 14 heures quand la manif était censée commencer.

En restant sur la terrasse j’ai pu observer le « ballet des CRS » qui commençaient à se positionner autour de la place: camions, camionnettes, buses, les camions avec les « fameux » canons à eau et surtout les camions qui se transforment en murs de protection.

Au bout de quelques minutes l’ensemble de la place était nassée.

Pendant ce temps d’autres journalistes qui venaient d’arriver se sont assis à côté de moi. J’ai vu les journalistes de BFM qui avaient sur leur caméras des autocollants avec un petit dessin, très explicite, qui rappelait la distance obligatoire entre un journaliste et la police : 3 m minimum pour ne pas se faire tabasser.

Petit à petit les manifestants ont commencé à arriver sur place. Dans la foule j’ai remarqué de photo-reporters que j’ai « rencontré » sur Facebook. Je les ai pas interpellés car c’était pas le moment mais en tout cas ça m’a fait plaisir de voir des têtes connues même si c’était des connaissances virtuelles.

La pluie n’arrêtait pas et donc j’ai dû mettre mon K-Way noir (j’ai vraiment pas trouvé une autre couleur et j’ai cherché, croyez-moi). À ce moment précis une patrouille de police passait juste devant le restaurant où j’étais assise. Ils ont vraiment flippé car ils ont marqué un arrêt brusque devant moi en me regardant intensément. Il leur aura fallu du temps pour comprendre que j’étais juste une journaliste  qui voulait pas finir trempée.

Je me suis finalement décidée à bouger (à force j’avais commencé à vraiment apprécier ce petit moment de détente au resto) et faire quelques prises de vues. Mon but c’était de faire un reportage offline mais j’ai profité quand même pour faire un Facebook live. J’aime pas trop faire ce genre de chose car le Facebook live ne peut être que de très mauvaise en qualité. Qualité vidéo mais aussi qualité journalistique. On est obligés de meubler, dire des conneries pour que les gens qui suivent comprennent quelque chose. Mais parfois je le fais aussi pour ma sécurité. C’est une sorte de gage de sécurité le cas où je me fais interpeller par la police où agresser par des manifestants. Dans ce cas de figure je me sentais pas en danger mais je trouvais intéressant les prises de parole des intervenants. Et ça rassure toujours mes collègues à la rédaction car ils me savent en sécurité.

Comme il pleuvait c’était vraiment désagréable de faire le tournage. De la pluie dans les yeux, sur mon objectif, sur mon micro. En plus de ça pour contrôler le volume j’avais un enregistreur zoom H6 (pour les connaisseurs) et je risquais de l’abîmer.

J’ai pu quand même faire pas mal d’interviews, discuter avec ceux qui gardaient baby Trump, ce ballon gonflable à l’effigie de Trump devenu fameux lors de sa visite en Grande-Bretagne.  J’étais assez contente de cette journée malgré le temps. Pas vraiment de problème avec les manifestants ni avec la police. D’ailleurs j’ai jamais vu autant de CRS place de la Révolution. Ce jour là ils se sont vraiment fait chier. Un moment un peu bizarre a été quand un petit groupe de black blocs (ou antifascistes) ont commencé à invectiver quelqu’un. J’ai pas pu voir qui mais j’ai appris plus tard qu’ils venaient de sortir de la manif manu militari Vincent Lapierre un militant et reporter, proche de l’extrême droite, ancien ami de Soral et fan de Dieudonné.

J’ai rencontré des belles personnes ce jour là. J’apprécie toujours quand ça se passe ainsi ; sans être agressée et sans casse de matériel. Plein d’autres fois c’était tout le contraire mais ça ça sera raconté dans un autre billet.

Merci d’avoir lu jusqu’au bout mes aventures, je rends l’antenne, à vous les studios 😘


Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.