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La vérité, rien que la vérité
Blabla - Perso

La vérité, rien que la vérité

Cette charte de Munich, cette belle volonté de lutter contre toutes les entraves à la vérité. La Charte de déontologie de Munich (ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes) et été signée le 24 novembre 1971 à Munich et a été adoptée par tous les syndicats de la profession. Une charte qui nous différencie, nous journalistes, des communicants, des militants, des blogueurs, etc. Rien de péjoratif dans ce que je viens de dire, évidement, mais c’est justement en cela que les journalistes se différencient (qu’il s’agisse de journalistes professionnels ou pas).

Premier point sur cette charte. Dire la vérité, que la vérité. Et la suite est importante: quelles qu’en puissent être les conséquences pour soi-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.

C’est cela qui nous différencie, nous celles et ceux qui avons promis au public notre détermination de montrer la vérité. Cela inclut s’accrocher à la vérité coût que coût . Et justement, plus on s’accroche, plus on se retrouve dans des situations compliquées. On pose la caméra sur une situation, on la publie et une déferlante de haine, de pressions diverses s’en suivent. Car cette image ne fait pas le jeu de la propagande officielle. Car cette image montre une violence policière. Et le gouvernement dit le contraire… c’est juste un policier qui « pousse » un manifestant. Alors que l’image montre un policier qui assène un coup de matraque à la tête, par derrière, à un manifestant pacifiste. Erreur de « calcul »? Interprétation erronée de la situation? Oui, certainement, mais alors pourquoi ne pas avouer une faute professionnelle? Pourquoi ne pas dire, que cette « violence légitime » de la police est devenue une habitude et qu’elle est utilisée partout désormais. Et cette habitude est justement, une « violence policière » car elle n’a plus de limite légale. Aucune de ces situations ne vont se trouver devant un juge, car l’IGPN ne donne pas suite et surtout, les procureurs accordent de façon systématique le pardon aux policiers qui « ont fait une erreur de jugement ».

Et derrière tout cela, il y a parfois une journaliste, qu’on essaie d’isoler et qui devient le réceptacle des pressions policières. Au point que des policiers vont aller dire devant les caméras de France 3 que je ferai partie d’une « presse anti-état ». Rien que ça. Ensuite, on entend les bruits de couloirs, les insultes qui me sont adressées par des officiels . Dans une démocratie, ou le fait d’avoir UNIQUEMENT exposé une situation qui était gravissime, ou toute la hiérarchie, jusqu’au ministre de l’intérieur ont commencé par mentir. Seulement quand j’ai insisté avec des ralentis de la même vidéo et d’autres angles, on a commencé à dire la vérité devant l’évidence.

Une des multiples situations qui font que, aujourd’hui, les personnes qui devraient être garantes de la république lancent des attaques personnelles. Disent des choses qui dans toute démocratie qui se respecte, engendreraient une mise à pied. Cette perte de valeurs, cette toute puissance, cette désinvolture, fait que nous, journalistes de terrain, nous devons regarder toujours derrière quand on marche. Mettre en lieu sécurisé nos lettres et pièces à conviction, pour le cas où quelque chose nous arrive. Garder des jockers, le cas où… Nous voilà de retour en dictature, car c’est ainsi que cela se passe en dictature.

Ma questions aux tout puissants. C’est cela que vous voulez? C’est comme ça que vous voyez ce monde? Cette vie, cette société, la démocratie? La République dont vous dites être les garants? Posez-vous cette question, vous qui jugez mon travail comme un travail « anti » quelque chose. Le fait de poser ma caméra et diffuser les « erreurs » de certains policiers, fait de moi une journaliste « anti-état »? Réfléchissez bien messieurs les officiels à ce que vous allez dire. Car c’est cela qui restera dans l’histoire. Et des livres seront écrits quand tout ça sera fini. Des documentaires seront publiés avec toutes les images. Réfléchissez bien, car ça n’est pas un petit « problème ». Vous l’avez compris quand c’est devenue une affaire nationale et quand elle a fait le 20h de toutes les chaines. Quand des télévisions de l’étranger m’ont contacté pour le droit de diffuser les images. Réfléchissez bien, car tout a changé et on ne parle plus d’une brève dans un petit canard local complaisant. Désormais, c’est global. C’est national et parfois international.

J’ai juré de dire la vérité et je continuerai jusqu’au bout. Évidement, si j’étais en Colombie, mon « cas » aurait été « réglé » rapidement. Mais justement, nous ne le sommes pas. Et c’est pour cela que tout le monde doit reconnaître son erreur, pour que l’injustice ne devienne pas « la justice » de ce pays. A vous de voir comment vous souhaitez que l’histoire vous juge .. car elle vous jugera, ça c’est un fait.


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